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Numéro Spécial, Octobre 2003 Programme Expérimentaux Au début des années 1990, les recherches effectuées au Ghana ont montré que les souhaits des populations en matière de planning familial étaient largement insatisfaits, malgré deux décennies de politiques visant à rendre disponibles des services de planning familial peu coûteux. Les recherches ont également montré que la mortalité dans les zones rurales était considérablement plus élevée que dans les communautés urbaines. Devant cette situation, le Ministère de la santé du Ghana a élaboré une expérience de santé communautaire et de planning familial dans son Centre de recherche sur la santé basé à Navrongo (NHRC), une station de terrain dans le nord du Ghana. Le Population Council a fourni l’appui de recherche et administré les fonds pour cette expérience. De nombreux observateurs reconnus avaient déclaré que l’amélioration de l’accès aux services de planning familial dans les zones rurales d’Afrique subsaharienne aurait peu ou pas d’effet sur la fertilité parce que les réseaux de parenté, structures familiales et coutumes matrimoniales préconisaient les familles nombreuses. Les résultats récents de l’expérience de Navrongo ont fourni une perspective différente sur la question. Deux stratégies Dans une des stratégies, des infirmières du Ministère de la santé vivent et travaillent dans des centres de santé construits par la communauté et fournissent des services de santé et de planning familial à domicile, en faisant du porte-à-porte. Dans l’autre stratégie—connue sous le nom de zurugelu, qui veut dire «union» dans la langue locale—des services de porte-à-porte sont fournis par des volontaires de la localité, avec l’appui des leaders communautaires. Ces leaders organisent également des réunions communautaires qui encouragent le dialogue sur les questions de santé et de reproduction. L’étude est en cours d’exécution dans quatre régions géographiques du district de Kassena- Nankana. Les populations de la Zone 1 sont exposées à la stratégie du zurugelu. Les habitants de la Zone 2 reçoivent des soins prodigués par les infirmières. Dans la Zone 3, les gens bénéficient la fois du contact avec les stratégies de zurugelu et des activités d’extension des infirmières. Dans ces trois zones expérimentales et dans la Zone 4 qui est la zone de comparaison, les habitants ont accès aux structures sanitaires permanentes du Ministère de la santé. La ressource scientifique centrale du NHRC est le Système de surveillance démographique de Navrongo qui enregistre toutes les données démographiques, notamment les grossesses, naissances, décès, migrations et mariages survenant au sein des 142,000 individus vivant dans le district de Kassena-Nankana. Le système fournit également des estimations continues des taux de fertilité concernant environ 43,000 femmes en âge de procréer. Changements constatés Ce dernier et ses collègues ont examiné les effets de l’expérience sur la connaissance en matière de contraception, le désir de limiter les grossesses, l’utilisation contraceptive déclarée et fertilité. En contrôlant plusieurs distorsions potentielles, les chercheurs ont trouvé que lorsque les activités d’extension des infirmières et la stratégie de zurugelu étaient combinées, les connaissances des femmes mariées sur la contraception étaient considérablement meilleures que dans les zones où la stratégie du zurugelu ou les activités d’extension des infirmières étaient mises en œuvre séparément. Les activités d’extension des infirmières, entretemps, exerçaient une très forte influence sur le souhait des femmes de limiter leur procréation. Les chercheurs ont trouvé, au bout d’une année d’activités d’extension des infirmières, que les femmes du groupe d’étude présentaient 40 pour cent plus de chances de vouloir limiter leur fertilité que les femmes du groupe de comparaison. Les préférences des femmes quant à la fertilité dans la zone de zurugelu exclusive n’étaient pas remarquablement différentes de celles des femmes dans la zone de comparaison. Celles qui avaient connu à la fois les activités d’extension des infirmières et la stratégie de zurugelu présentaient 20 pour cent plus de chances de vouloir limiter leur procréation que les femmes du groupe de comparaison. Le désir de limiter la procréation se traduitil dans l’utilisation contraceptive ? Une analyse statistique a montré qu’au terme d’une année d’exposition à la mise en œuvre conjointe des stratégies d’extension des infirmières et de zurugelu, on a observé une augmentation de 24 pour cent de l’utilisation contraceptive moderne parmi les femmes mariées, ce qui constituait un changement significatif. Le fait que la fertilité ait baissé dans les zones expérimentales semble suggérer, cependant, que certaines femmes pratiquant le planning familial puissent le nier. Lorsque les deux interventions ont été effectuées ensemble, leur effet sur la fertilité s’est avéré égal à la somme de l’influence de chacune opérant séparément et s’est traduit par une baisse de 15 pour cent de leur fertilité entre 1994 et 1999. Effet cumulatif D’autres résultats de l’expérience de Navrongo, notamment les effets sur la survie de l’enfant, sont attendus à l’avenir. Juin 2003 Source Financement extérieur | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||