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Population Briefs February 2003

Les chercheurs ont plusieurs fois montré que généralement, plus la scolarité d’une fille sera longue, plus tardif sera son mariage et plus âgée sera-t-elle lorsqu’elle aura son premier enfant. Pour ces raisons, ainsi que beaucoup d’autres, les gouvernements voudraient faire tout leur possible pour veiller à ce que les filles restent à l’école le plus longtemps. Dans un effort visant à déterminer quels facteurs pourraient pousser les filles à abandonner les classes au Kenya, des chercheurs du Population Council ont documenté des inégalités basées sur le sexe dans les écoles primaires de trois districts constituant la palette de la qualité des écoles du pays. Maintenant, les chercheurs Cynthia B. Lloyd, Barbara S. Mensch et Wesley H. Clark ont analysé et quantifié les effets de ces distorsions sur la probabilité qu’un enfant puisse quitter l’école primaire dans ces districts.

«Dans les sociétés où tout le monde ne s’inscrit pas, ni ne reste à l’école, il est nécessaire de chercher au-delà des seules circonstances qui permettent aux élèves inscrits d’exceller. Nous devons trouver quels facteurs maintiendront les enfants à l’école, pour commencer», déclare Lloyd.

C’est la toute première fois que quelqu’un a tenté de lier statistiquement les aspects du sexe dans la qualité scolaire avec l’abandon de l’école.

Inégalités de sexe
Dans les écoles kényanes, immanquablement, les filles quittent l’école plus précocement que les garçons et obtiennent des scores de test plus bas que ces derniers. Lloyd, Mensch et Clark émettent l’hypothèse que les iniquités de sexe à l’école constituent un facteur expliquant ce déséquilibre. L’équipe de recherche a examiné cette hypothèse en utilisant des données sur presque 600 adolescents de 12 à 19 ans, en combinaison avec des données collectées à partir de 36 écoles primaires que fréquentent ces adolescents. Bien qu’il puisse sembler, au premier coup d’œil, plus sensé d’étudier des écoles secondaires pour collecter des données sur des adolescents, en Afrique subsaharienne, la majorité des adolescents fréquentant l’école sont inscrits aux cours primaires, en raison d’un démarrage scolaire tardif, d’un redoublement de classe et des limites dans les effectifs des écoles publiques secondaires.

Auparavant, les chercheurs avaient documenté de nombreuses inégalités liées au sexe dans les écoles primaires kényanes: les maîtres disent des filles qu’elles sont stupides et paresseuses ; garçons et filles s’accordent à reconnaître que les maîtres ferment l’œil sur des harcèlements évidents, comme lorsque les garçons attrapent les seins des filles; les maîtres assignent souvent des tâches domestiques aux filles, alors qu’ils permettent aux garçons d’aider à des tâches d’enseignement; et les maîtres ont parfois des relations sexuelles avec les élèves.

Afin de déterminer si ces distorsions influencent véritablement ou non le taux des filles abandonnant l’école, les chercheurs ont adapté l’outil de recherche du Council, notamment celui de l’analyse de situation élaboré pour évaluer les services de planning familial, à l’étude des écoles. Les chercheurs de terrain ont interviewé des enseignants et élèves, documenté les caractéristiques scolaires, observé les interactions élèvesenseignants et compilé des mesures de performance. Ils ont ensuite procédé à l’analyse statistique des données en faisant particulièrement attention aux variantes reflétant des attitudes au sujet des garçons et filles dans les écoles ainsi qu’aux traitements dont ils sont l’objet.

Abandon des filles
Les chercheurs ont trouvé, en contrôlant les caractéristiques des foyers, que pour chaque augmentation de 10 points de pourcentage dans la proportion d’enseignants qui estimaient que les mathématiques étaient importantes pour les filles, il y avait une baisse de 41 pour cent dans la probabilité qu’une fille puisse abandonner l’école. Inversement, avec chaque augmentation de 10 points de pourcentage dans la proportion de garçons relative aux filles indiquant pouvoir recueillir des conseils d’un des encadreurs scolaires, il y a une augmentation de 46 pour cent dans la probabilité qu’une fille puisse abandonner l’école. Pour chaque augmentation de 10 points de pourcentage dans la proportion de garçons relative aux filles indiquant que garçons et filles étaient traités de manière égale, il y a eu une augmentation de 103 pour cent dans la probabilité qu’une fille quitte l’école. Enfin, plus souvent les garçons harcèleront-ils les filles, comparé au harcèlements des garçons par les filles, plus grande sera la probabilité qu’une fille abandonnera l’école.

Les chercheurs en ont conclu que les filles étaient découragées de rester à l’école par des situations où les garçons avaient davantage de soutien en terme de conseils, où les maîtres et les enseignants prenaient moins au sérieux l’importance de sujets plus ardus comme les mathématiques pour les filles, où les garçons pouvaient librement harceler les filles et où l’expérience par ces dernières de moins d’égalité de traitement n’était pas totalement reconnue par les garçons. Les chercheurs n’ont pas trouvé des effets analogues pour les garçons.

Tandis que les enquêteurs estiment que leurs résultats sont des essais et des explorations, étant donné la taille de l’échantillon et les limites de l’analyse transversale, ils soulignent toutefois l’importance de l’étude. «C’est la toute première fois», déclare Mensch, «que quelqu’un a tenté de lier statistiquement les aspects du sexe dans la qualité scolaire avec l’abandon de l’école».

«Les écoles ont la capacité de faire une différence énorme dans les vies des filles, mais cela ne pourrait se passer à moins qu’elles ne restent à l’école», souligne Clark. Mars 1999

Source 
Lloyd, Cynthia B., Barbara S. Mensch et Wesley H. Clark. 1998. “The effects of primary school quality on the educational participation and attainment of Kenyan girls and boys,” Policy Research Division Document de travail no. 116. New York: Population Council. (PDF)

Financement extérieur
La Fondation Compton, la Fondation Ford, National Institute of Child Health and Human Development (U.S. National Institutes of Health), Fonds des Nations Unis pour la population (FNUAP)-Nairobi, Agence des États-Unis pour le développement international et le Wallace Global Fund

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Dernière mise à jour
15 mai 2005