|
| ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Numéro Spécial, Octobre 2003 Santé des Femmes Un des importants éléments des programmes de dépistage-counseling volontaire du VIH consiste à encourager les clients à informer leurs partenaires de leurs résultats de tests. Toutefois, des études ont trouvé que beaucoup de femmes craignaient que leurs partenaires ne réagissent violemment et que les femmes infectées par le VIH étaient véritablement exposées à un plus grand risque de violence du partenaire. Des chercheurs du programme Horizons du Population Council et de la Faculté de sciences de la santé de l’Université de Muhimbili ont exploré les liens existant entre l’infection du VIH, la divulgation des résultats de tests et la violence du partenaire auprès de femmes fréquentant le Centre d’information sanitaire de Muhimbili, une clinique de dépistage-counseling volontaire à Dar es Salaam, en Tanzanie. Le programme Horizons mène des recherches opérationnelles en rapport avec le VIH/SIDA. Il est dirigé par le Population Council dans le cadre d’un accord de coopération avec l’Agence des États-Unis pour le développement international, en partenariat avec cinq autres organisations, notamment l’International Center for Research on Women, l’Alliance internationale contre le VIH/SIDA (the International HIV/AIDS Alliance), le Program for Appropriate Technology in Health, l’Université de Tulane, et l’Université d’Alabama à Birmingham. Les chercheurs étudiant le VIH et la violence du partenaire ont d’abord collecté des données qualitatives à partir de 62 personnes, hommes et femmes, parmi les clients du Centre d’information sanitaire de Muhimbili. Dans un deuxième temps, ils ont suivi et interviewé 245 femmes trois mois après un test de dépistage du VIH. Presque un tiers de l’échantillon s’est avéré VIH+; pour la moitié environ, ils étaient mariés et 50 pour cent avaient entre 18 et 29 ans. L’étude effectuée en 1999 a révélé que beaucoup de femmes n’avaient pas la liberté de prendre une décision concernant le test de dépistage du VIH. Les hommes et les femmes participant à la première partie de l’étude faisaient fréquemment allusion au besoin, pour les femmes contrairement aux hommes, de «demander la permission» de leurs partenaires avant de subir le test. Et, tandis que les femmes testées positives étaient plus susceptibles maintenant que de par le passé de divulguer les résultats de tests à leurs partenaires, elles étaient toutefois encore significativement moins aptes à le faire que les femmes testées négatives. La raison principale avancée pour la non-divulgation—par 52 pour cent des femmes, indépendamment de leur statut sérologique, qui ne révélaient pas leurs résultats de test—était la crainte de la réaction du partenaire, surtout la crainte de sévices ou l’abandon. Le problème de la violence du partenaire Douze femmes ont signalé une ou plusieurs réactions négatives du partenaire après divulgation de leurs résultats de test. Celles-ci comprenaient notamment des attaques physiques et des mises en demeure de quitter la maison ou d’être abandonnées. Etant donné la somme de violences subies par les femmes de cette étude, il y a une crainte considérable et légitime envers la réaction violente du partenaire. L’étude a révélé, cependant, peu de preuves étayant que la divulgation des résultats de test du VIH provoquait fréquemment des violences physiques et l’abandon. La plupart des femmes ont déclaré que leurs partenaires manifestaient soutien et compréhension en apprenant les résultats des tests. Toutefois, la proportion de femmes signalant une telle réaction positive était significativement plus grande chez les femmes testées négatives que chez celles testées positives (82 pour cent contre 49 pour cent). Il existe une forte corrélation pour les femmes entre un statut VIH+ et l’expérience de violence infligée par le partenaire. Les jeunes femmes VIH+ (18 à 29 ans) étaient dix fois plus aptes que les jeunes femmes VIH– à signaler des cas de violence du partenaire, les variantes sociodémographiques étant contrôlées. Pour pressante que puisse être cette preuve, l’étude a été contrainte par les limites des enquêtes transversales, et n’a pu faire toute la lumière sur les liens entre la violence du partenaire et l’infection par le VIH. «Il nous faut effectuer davantage de recherche parmi les jeunes femmes VIH+ afin de connaître leurs relations et la violence qui survient dans le cadre de celles-ci», affirme Jessie Mbwambo de la Faculté de sciences de la santé de l’Université de Muhimbili, un des principaux enquêteurs de l’étude. Recommandations de programmes et de politiques Les décideurs devraient encourager la communauté dans ses efforts pour examiner les questions liées à la violence dans les relations sexuelles. Les femmes sont souvent exposées à la fois au risque d’infection par le VIH et à la violence à cause du comportement de leurs partenaires sexuels. La base des efforts de prévention de la violence et de la transmission du VIH à la fois devrait être fondée sur le développement d’une éthique de respect, chez les hommes et les femmes, pour la santé et le bien-être de leurs partenaires intimes. La mise en œuvre de programmes focalisant sur la résolution de conflits est cruciale. Juin 2001 Source Financement extérieur | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||